Pesticides interdits retrouvés dans notre alimentation
28 mai 2026
En mars 2026, l’organisation non gouvernementale Food Watch, « qui se bat pour une alimentation sans risques, saine et abordable pour tous et toutes », a fait tester en laboratoire indépendant plusieurs produits alimentaires afin de détecter la présence de pesticides. En tout et pour tout, l’enquête, qui s’est déroulée dans 4 pays (France, Allemagne, Autriche et Pays-Bas), a permis de tester 64 produits et d’identifier 54 pesticides (sur un panel complet d’environ 736 pesticides). « Plusieurs des résidus identifiés sont des pesticides interdits dans l’Union européenne, car ils présentent des risques pour la santé et l’environnement. Pourtant, ces pesticides interdits reviennent sous la forme de résidus dans les produits importés que nous mangeons au quotidien », établit Food Watch.
27 pesticides interdits
Selon les résultats principaux, sur 64 produits, 27 d’entre eux présentent des résidus de pesticides interdits en Europe. Sur 15 produits français, 13 présentent des résidus de pesticides, dont 12 interdits en Europe. Les produits français testés sont des épices (paprika, curry, cumin), du riz et des thés verts. Selon Food Watch, « toutes les épices et tous les thés testés » sont contaminés. Par ailleurs, « les résidus de pesticides non autorisés les plus fréquemment détectés sont : des insecticides tels que le chlorfénapyr, la bifenthrine, le spirotétramat, les 3 néonicotinoïdes que sont la clothianidine, le lethiaméthoxame et l’imidaclopride, ainsi que l’isoprothiolane, un fongicide utilisé pour le riz ».
Deux produits dépassent la limite maximale de pesticides
Par ailleurs, « parmi les produits français testés, 2 produits dépassent la limite maximale de résidus autorisés et doivent donc être rappelés : le paprika doux moulu Ducros et le riz Le Thaï de la marque Taureau Ailé ». « Ces résultats sont d’autant plus alarmants que la Commission européenne est sur le point d’adopter le projet “Food and Feed Safety Omnibus”, un retour en arrière inquiétant qui affaiblit les règles sur les limites de résidus et les contrôles aux frontières, ainsi que les processus d’évaluation de sécurité des pesticides », se désole Food Watch.
Pesticides interdits exportés
L’on retrouve des résidus de pesticides dans ces aliments européens tout simplement parce que ces pesticides interdits en Europe sont exportés, puis « reviennent dans les assiettes des consommatrices et consommateurs européens : c’est ce que nous appelons l’effet boomerang ». Food Watch a choisi d’analyser les riz, thés et épices parce que ces produits très consommés sont ceux, selon la base des données de surveillance EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) 2024, qui comptent parmi les plus contaminés par des résidus de pesticides non autorisés. « Les catégories sélectionnées correspondent également à des produits qui, pour la plupart, ne sont pas cultivés au sein de l’UE et qui sont principalement mis à la disposition des consommatrices et consommateurs par le biais d’importations, ce qui les rend particulièrement pertinents pour évaluer l’exposition aux résidus issus de pratiques agricoles hors UE », ajoute Food Watch.
Doléances
À la lumière de ces résultats, Food Watch demande à la Commission européenne :
- d’instaurer une interdiction totale du commerce des pesticides dont l’utilisation n’est pas autorisée au sein de l’UE ;
- d’abaisser automatiquement les limites maximales de résidus (LMR) des pesticides non autorisés.
À l’intention des producteurs et distributeurs, Food Watch demande également :
- de veiller à ce que les produits en rayon ne contiennent pas de résidus de pesticides dépassant les limites légales autorisées ;
- de faire pression sur les fournisseurs pour qu’ils fournissent des informations détaillées sur leurs produits alimentaires et des preuves de sécurité des ingrédients.
Enfin Food Watch demande aux autorités françaises :
- de renforcer les contrôles sur les produits alimentaires ;
- d’intensifier les actions contre les entreprises qui ne respectent pas la loi par le biais de sanctions financières.

